RÉSUMÉ DES CARACTÉRISTIQUES DU PRODUIT
ANSM - Mis à jour le : 02/07/2014
ASPIRINE PROTECT 100 mg, comprimé gastro-résistant
2. COMPOSITION QUALITATIVE ET QUANTITATIVE
Acide acétylsalicylique ..................................................................................................................... 100 mg
Pour un comprimé gastro-résistant.
Pour la liste complète des excipients, voir rubrique 6.1.
Comprimé gastro-résistant.
Comprimé pelliculé rond, blanc, avec un diamètre de 7 mm.
4.1. Indications thérapeutiques
· Prévention des complications secondaires cardiovasculaires et cérébrovasculaires chez les patients présentant une maladie athéromateuse ischémique (par ex. infarctus du myocarde, angor stable et instable, accident vasculaire cérébral, constitué ou transitoire, dorigine ischémique).
· Prévention des évènements thromboemboliques après chirurgie ou intervention vasculaire tels que angioplastie coronaire transluminale, pontage aorto-coronarien, endartériectomie carotidienne, shunt artério-veineux.
· Réduction de locclusion des greffons après pontage aortocoronaire.
Ce médicament nest pas recommandé dans les situations durgence. Il est réservé au traitement dentretien après la prise en charge des situations durgence.
4.2. Posologie et mode d'administration
Réservé à ladulte. Voie orale.
Les comprimés doivent être avalés entiers avec suffisamment de boisson (1/2 verre d'eau).
En raison de l'enrobage entérique, les comprimés ne doivent pas être écrasés, cassés ou mâchés.
Lenrobage prévient les effets irritants locaux sur la muqueuse stomacale.
En traitement chronique :
La posologie recommandée est de 100 mg à 300 mg par jour à avaler avec un verre deau préférentiellement avant le repas.
Sujet âgé :
En général, l'acide acétylsalicylique doit être utilisé avec précaution chez les personnes âgées qui sont plus sujettes aux effets indésirables. La posologie usuelle adulte est recommandée en l'absence d'insuffisance rénale ou hépatique sévère (voir rubrique 4.3 et 4.4). Le traitement devra être revu régulièrement.
Population pédiatrique :
L'acide acétylsalicylique ne doit pas être administré aux enfants et adolescents de moins de 16 ans, sauf sur avis médical et lorsque le bénéfice l'emporte sur le risque (voir rubrique 4.4).
Ce médicament ne doit jamais être prescrit dans les situations suivantes :
· hypersensibilité à lacide acétylsalicylique ou à lun des excipients (voir rubrique 6.1), ou aux autres anti-inflammatoires non stéroïdiens (réaction croisée),
· antécédents d'asthme induits par l'administration de salicylés ou de substances d'activité proche, notamment les anti-inflammatoires non stéroïdiens,
· ulcère gastro-duodénal évolutif,
· maladie hémorragique constitutionnelle ou acquise dont hémorragies digestives, antécédent daccident vasculaire cérébral hémorragique et thrombocytopénie,
· au-delà de 24 semaines daménorrhée soit 5 mois révolus pour des doses supérieures ou égales à 100 mg par jour dacide acétylsalicylique (voir rubrique 4.6),
· risque hémorragique,
· insuffisance rénale sévère,
· insuffisance hépatique sévère,
· insuffisance cardiaque sévère non contrôlée.
4.4. Mises en garde spéciales et précautions d'emploi
Mises en garde
En cas dassociation avec dautres médicaments, pour éviter un risque de surdosage, vérifier labsence dacide acétylsalicylique (AAS) dans la composition des autres médicaments.
Lassociation daspirine aux doses antiagrégantes plaquettaires est déconseillée avec les anticoagulants oraux, les antiagrégants plaquettaires (en dehors de certaines indications validées pour cette association dans les syndromes coronariens aigus), lanagrélide et les uricosuriques (voir rubrique 4.5).
Lutilisation de ce médicament est déconseillée en cas dallaitement (voir rubrique 4.6).
Précautions d'emploi
Sujet âgé
Le risque hémorragique sous AAS semble constant dune indication à lautre et indépendant du niveau de risque cardiovasculaire de base, mais ce risque varie étroitement avec lâge et est nettement augmenté chez les sujets âgés (voir rubrique 4.8).
Patients hypertendus
Chez les patients hypertendus traités par AAS, la pression artérielle doit être bien contrôlée, compte-tenu de laugmentation du risque vasculaire cérébral hémorragique chez les patients hypertendus non contrôlés (voir rubrique 4.8).
Intervention chirurgicale (y compris une extraction dentaire)
Compte-tenu de leffet antiagrégant plaquettaire de lacide acétylsalicylique, apparaissant dès les très faibles doses et persistant plusieurs jours, il convient de prévenir le patient des risques hémorragiques pouvant survenir en cas de geste chirurgical même mineur (ex : extraction dentaire). La durée de linterruption du traitement avant lintervention doit être déterminée au cas par cas.
Un syndrome de Reye, pathologie très rare, pouvant mettre en jeu le pronostic vital, a été observé chez des enfants avec des signes dinfections virales (en particulier varicelle et épisodes de syndrome grippal) et recevant de lacide acétylsalicylique.
Lacide acétylsalicylique ne doit pas être administré aux enfants et adolescents sauf sur avis médical et lorsque le bénéfice l'emporte sur le risque (voir rubrique 4.2).
Dans certains cas de forme grave de déficit en G6PD, des doses élevées dacide acétylsalicylique sont susceptibles dentrainer une hémolyse ou une anémie hémolytique. En cas de déficit en G6PD, ladministration dacide acétylsalicylique doit se faire sous contrôle médical.
La surveillance du traitement doit être renforcée dans les cas suivants :
· antécédents dulcère gastroduodénal, dhémorragie digestive ou de gastrite. Les patients ayant des antécédents d'ulcère gastroduodénal ou dhémorragie digestive doivent éviter de prendre de lacide acétylsalicylique en raison du risque dirritation et de saignement au niveau du tractus digestif, et notamment en association avec les boissons alcoolisées. Le traitement par AAS doit être interrompu en cas dapparition de syndromes hémorragiques, en particulier digestifs.
· insuffisance rénale
· insuffisance hépatique
· asthme/hypersensibilité : une étroite surveillance médicale est nécessaire chez les patients présentant un asthme ou une rhinite allergique. La survenue de crise dasthme, chez certains sujets, peut être liée à une allergie aux anti-inflammatoires non stéroïdiens ou à lacide acétylsalicylique. Lacide acétylsalicylique peut provoquer un bronchospasme et induire des crises dasthme ou dautres réactions dhypersensibilité. Les facteurs de risque sont des antécédents dasthme, de rhinite allergique, de polypes nasaux ou de maladie respiratoire chronique (voir rubrique 4.8).
· des hémorragies gastro-intestinales ou des ulcères/perforations peuvent se produire à nimporte quel moment au cours du traitement sans quil y ait nécessairement des symptômes préalables ou dantécédents. Le risque relatif augmente chez le sujet âgé, le sujet de faible poids corporel, le patient sous traitement anticoagulant ou antiagrégant plaquettaire (voir rubrique 4.5). Le traitement par AAS doit être interrompu en cas dapparition de syndromes hémorragiques, en particulier digestifs.
· métro-ménorragies : lacide acétylsalicylique doit être utilisé avec précaution en cas de saignements très importants (risque daugmentation de limportance et de la durée des règles).
4.5. Interactions avec d'autres médicaments et autres formes d'interactions
Plusieurs substances sont impliquées dans des interactions, du fait de leurs propriétés antiagrégantes plaquettaires :
Lutilisation de plusieurs antiagrégants plaquettaires (abciximab, acide acétylsalicylique, cilostazol, clopidogrel, epoprostenol, eptifibatide, iloprost, iloprost trometamol, prasugrel, ticagrelor, ticlopidine, tirofiban) majore le risque de saignement, de même que leur association à lhéparine et aux molécules apparentées, aux anticoagulants oraux et aux thrombolytiques, et doit être prise en compte en maintenant une surveillance clinique régulière.
+ Anticoagulants oraux (en cas dantécédents dulcère gastro-duodénal)
Majoration du risque hémorragique. Nécessité dun contrôle en particulier du temps de saignement.
+ Anagrélide
Majoration des évènements hémorragiques et diminution des évènements antithrombotiques.
+ Ticlopidine
Majoration du risque hémorragique par addition des activités antiagrégantes plaquettaires. Si lassociation ne peut être évitée, surveillance clinique et biologique étroite.
+ Clopidogrel, en dehors des indications validées pour cette association dans les syndromes coronariens aigus
Majoration du risque hémorragique par addition des activités antiagrégantes plaquettaires.
+ Uricosuriques (benzbromarone, probénécide)
Diminution de leffet uricosurique par compétition de lélimination de lacide urique au niveau des tubules rénaux.
Associations faisant l'objet de précautions demploi
+ Méthotrexate (aux doses > 20 mg/semaine)
Majoration de la toxicité, notamment hématologique, du méthotrexate (diminution de sa clairance rénale par lacide acétylsalicylique). Contrôle hebdomadaire de lhémogramme durant les premières semaines de lassociation. Surveillance accrue en cas daltération (même légère) de la fonction rénale, ainsi que chez le sujet âgé.
+ Topiques gastro-intestinaux, antiacides et charbon
Diminution de labsorption digestive de lacide acétylsalicylique. Prendre les topiques gastro-intestinaux et antiacides à distance (2 heures) de lacide acétylsalicylique.
+ Clopidogrel, dans les indications validées pour cette association dans les syndromes coronariens aigus
Majoration du risque hémorragique par addition des activités antiagrégantes plaquettaires. Surveillance clinique.
Associations à prendre en compte
+ Anticoagulant oraux (en labsence dantécédents dulcère gastro-duodénal)
Majoration du risque hémorragique.
+ Thrombolytiques
Augmentation du risque hémorragique.
+ Héparines de bas poids moléculaire et apparentés, héparines non fractionnées (doses curatives et/ou sujet âgé)
Augmentation du risque hémorragique (inhibition de la fonction plaquettaire et agression de la muqueuse gastroduodénale par lacide acétylsalicylique).
+ Héparines de bas poids moléculaire et apparentés, héparines non fractionnées : doses préventives
Lutilisation conjointe de médicaments agissant à divers niveaux de lhémostase majore le risque de saignement. Ainsi, chez le sujet de moins de 65 ans, lassociation de lhéparine à doses préventives, ou de substances apparentées, à lacide acétylsalicylique, quelle que soit la dose, doit être prise en compte en maintenant une surveillance clinique et éventuellement biologique.
+ Anti-inflammatoires non stéroïdiens
Majoration du risque ulcérogène et hémorragique digestif.
+ Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (citalopram, escitalopram, fluoxétine, fluvoxamine, pariétine, sertraline)
Majoration du risque hémorragique.
+ Ibuprofène
Des données expérimentales suggèrent que libuprofène peut inhiber leffet antiagrégant plaquettaire dune faible dose daspirine lorsquils sont pris de façon concomitante. Toutefois, les limites de ces données ex vivo et les incertitudes quant à leur extrapolation en clinique, ne permettent pas démettre de conclusion formelle pour ce qui est de lusage régulier de libuprofène ; par ailleurs, en ce qui concerne libuprofène utilisé de façon occasionnelle, la survenue dun effet cliniquement pertinent apparaît peu probable (voir rubrique 5.1).
Lexpérience clinique concernant ladministration de doses comprises entre 100 mg et 500 mg dAAS par jour est insuffisante.
Linhibition de la synthèse des prostaglandines peut affecter le déroulement de la grossesse et/ou le développement de lembryon ou du ftus. Les données des études épidémiologiques suggèrent une augmentation du risque de fausses couches, de malformations cardiaques et de gastroschisis, après traitement par un inhibiteur de la synthèse des prostaglandines en début de grossesse.
Le risque absolu de malformation cardiovasculaire est passé de moins de 1 % à approximativement 1,5 %. Le risque paraît augmenter en fonction de la dose et de la durée.
Chez lanimal, il a été montré que ladministration dun inhibiteur de la synthèse des prostaglandines provoquait une perte pré et post-implantatoire accrue et une augmentation de la létalité embryo-ftale. De plus, une incidence supérieure de malformations, y compris cardiovasculaires, a été rapportée chez des animaux ayant reçu un inhibiteur de la synthèse des prostaglandines au cours de la phase dorganogénèse de la gestation.
Sauf nécessité absolue, lAAS ne doit donc pas être prescrit au cours des 2 premiers trimestres de la grossesse (24 premières semaines daménorrhée). Si de lAAS est administré chez une femme souhaitant être enceinte ou enceinte de moins de 6 mois (durant les 24 premières semaines daménorrhée), la dose devra être la plus faible possible et la durée du traitement la plus courte possible.
Au-delà de 24 semaines daménorrhée (5 mois révolus), tous les inhibiteurs de la synthèse des prostaglandines peuvent exposer le ftus à :
· une toxicité cardio-pulmonaire (avec fermeture prématurée du canal artériel et hypertension artérielle pulmonaire),
· un dysfonctionnement rénal pouvant évoluer vers une insuffisance rénale associée à un oligohydroamnios.
En fin de grossesse, la mère et le nouveau-né peuvent présenter :
· un allongement du temps de saignement du fait dune action antiagrégante pouvant survenir même après de très faibles doses de médicament,
· une inhibition des contractions utérines entraînant un retard de terme ou un accouchement prolongé.
En conséquence, lAAS à des doses de 100 mg par jour ou plus est contre-indiqué au-delà de 24 semaines daménorrhée (5 mois révolus) (voir rubrique 4.3).
L'acide acétylsalicylique passant dans le lait maternel, ce médicament est déconseillé pendant lallaitement.
4.7. Effets sur l'aptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines
Aucun effet sur laptitude à conduire des véhicules et à utiliser des machines na été observé.
La fréquence des effets indésirables ne peut être estimée. De ce fait, les fréquences sont référencées comme indéterminées.
Affections du système immunitaire
Réactions dhypersensibilité, réactions anaphylactiques, asthme, bronchospasme, dème de Quincke, rhinite, éruption cutanée, urticaire, et parfois détresse cardio-respiratoire voire choc anaphylactique.
Affections hématologiques et du système lymphatique
Effets hématologiques : Syndromes hémorragiques (hématome, hémorragie urogénitale, épistaxis, gingivorragies, purpura...) avec augmentation du temps de saignement. Cette action persiste 4 à 8 jours après l'arrêt de l'aspirine. Elle peut créer un risque hémorragique en cas d'intervention chirurgicale. Des hémorragies gastro-intestinales et intracrâniennes peuvent également survenir (particulièrement chez des patients avec une hypertension non contrôlée).
Dans certains cas, le pronostic vital peut être engagé.
Des accidents hémolytiques graves ont été observés après administration de fortes doses dAAS chez des sujets atteints dun déficit en G6PD.
Troubles du métabolisme et de la nutrition
LAAS à faible dose peut réduire lexcrétion de lacide urique, ce qui peut aboutir à une crise de goutte chez des patients prédisposés.
Affections du système nerveux central
Effets sur le système nerveux central : céphalées, sensation vertigineuse, sensation de baisse de lacuité auditive, bourdonnements doreille, qui sont habituellement les premiers signes dun surdosage (voir rubrique 4.9).
Hémorragie intracrânienne.
Affections gastro-intestinales
Des symptômes digestifs de type douleurs abdominales, dyspepsie, hyperacidité ont été rapportés. Des lésions telles quune gastrite, un ulcère gastrique ou duodénal voire une perforation digestive sont décrits, pouvant être à lorigine dun saignement. Ce saignement digestif peut provoquer une anémie aiguë ou chronique.
La toxicité digestive de lAAS est dose-dépendante et existe dès la dose 75 mg. La prise prolongée daspirine peut induire une gastrite, des érosions gastroduodénales ou lextension de lésions ulcéreuses préexistantes. Lhémorragie qui peut apparaître est aggravée par laction anti-thrombotique de laspirine ; le saignement peut être asymptomatique (hématémèse et méléna sont rares) ; plus fréquemment on observe une anémie chronique.
Affections hépatobiliaires
Elévations des enzymes hépatiques, atteinte du foie principalement hépatocellulaire (insuffisance hépatique).
Affections de la peau et du tissu sous-cutané
Urticaire, réactions cutanées, pouvant être sévères (érythème polymorphe exsudatif).
Troubles rénaux et des voies urinaires
Insuffisance rénale aiguë, particulièrement chez des patients présentant une insuffisance rénale préexistante, une décompensation cardiaque, ou en cas de traitement diurétique concomitant.
Troubles généraux et anomalies au site dadministration
Syndrome de Reye (voir rubrique 4.4).
Déclaration des effets indésirables
La déclaration des effets indésirables suspectés d'être dus à un médicament après son autorisation est importante. Elle permet une surveillance continue du rapport bénéfice/risque du médicament. Il est demandé aux professionnels de santé de déclarer tout effet indésirable suspecté d'être dû à un médicament au centre régional de pharmacovigilance dont ils dépendent et dont les coordonnées sont disponibles sur le site internet de l'ANSM.
Le surdosage est peu probable en raison de la faible quantité dacide acétylsalicylique présente dans ASPIRINE PROTECT. Toutefois des cas dintoxication (surdosage accidentel) chez les très jeunes enfants ou le surdosage thérapeutique chez les sujets âgés, potentiellement dévolution fatale, peuvent se présenter comme décrits ci-dessous.
Symptômes
· intoxication modérée : bourdonnements d'oreille, sensation de baisse de l'acuité auditive, céphalées, vertiges, sont les signes d'un surdosage et peuvent être contrôlés par réduction de la posologie,
· intoxication sévère : chez l'enfant, le surdosage peut être mortel à partir de 100 mg/kg en une seule prise. Les symptômes sont : fièvre, hyperventilation, cétose, alcalose respiratoire, acidose métabolique, coma, collapsus cardiovasculaire, insuffisance respiratoire.
Les manifestations suivantes peuvent également apparaître : hyperthermie et hypersudation aboutissant à une déshydratation, agitation, convulsions, hallucinations et hypoglycémie.
Une dépression du système nerveux central peut aboutir à un coma, un collapsus cardiovasculaire et un arrêt respiratoire.
Conduite d'urgence :
· transfert immédiat en milieu hospitalier spécialisé,
· décontamination digestive et administration de charbon activé,
· contrôle de l'équilibre acide base,
· diurèse alcaline permettant d'obtenir un pH urinaire entre 7,5 et 8,
· possibilité d'hémodialyse dans les intoxications graves,
· traitement symptomatique.
5. PROPRIETES PHARMACOLOGIQUES
5.1. Propriétés pharmacodynamiques
ANTI-THROMBOTIQUES / INHIBITEURS DE L'AGREGATION PLAQUETTAIRE, HEPARINE EXCLUE
(B01AC06: sang, organes hématopoïétiques)
Laspirine est un inhibiteur de lactivation plaquettaire: en bloquant par acétylation la cyclo-oxygénase plaquettaire, elle inhibe la synthèse du thromboxane A2, substance activatrice physiologique libérée par les plaquettes, et qui jouerait un rôle dans les complications des lésions athéromateuses.
Des doses répétées de 20 à 325-330 mg entraînent une inhibition de lactivité enzymatique de 30 à 95%. Au-delà de 325-330 mg, lactivité inhibitrice naugmente que très peu, et leffet sur lagrégation plaquettaire est à peu près identique.
Leffet inhibiteur ne sépuise pas au cours de traitements prolongés et lactivité enzymatique reprend progressivement au fur et à mesure du renouvellement des plaquettes 24 à 48 heures après arrêt du traitement.
A la posologie recommandée, laspirine réduit la synthèse de prostacycline endothéliale, mais la signification clinique de cette action est obscure et moins importante en pratique quen théorie semble-t-il.
Laspirine allonge le temps de saignement denviron 50 à 100 % en moyenne, mais des variations individuelles peuvent être observées.
Des données expérimentales suggèrent que libuprofène peut inhiber leffet antiagrégant plaquettaire dune faible dose daspirine lorsquils sont pris de façon concomitante. Une étude réalisée avec une dose unique de 400 mg d'ibuprofène pris 8 heures avant ou dans les 30 minutes après la prise de 81 mg d'aspirine à libération immédiate a montré une diminution de l'effet de laspirine sur la formation de la thromboxane ou l'agrégation plaquettaire. Toutefois, les limites de ces données ex vivo et les incertitudes quant à leur extrapolation en clinique, ne permettent pas démettre de conclusion formelle pour ce qui est de lusage régulier de libuprofène ; par ailleurs, en ce qui concerne libuprofène utilisé de façon occasionnelle, la survenue dun effet cliniquement pertinent apparaît peu probable (voir rubrique 4.5.).
Six études de prévention primaire (aspirine versus placebo) ont été effectuées chez des personnes à risque cardiovasculaire généralement faible à modéré. La méta-analyse de ces 6 études a montré une diminution significative des événements cardio-vasculaires (de l'ordre de 3 pour 1000) au prix d'une tendance à laugmentation des accidents hémorragiques graves (estimés à 2 pour 1000). Cependant, les populations des études incluses dans la méta-analyse sont trop hétérogènes pour permettre de déterminer chez quels patients l'aspirine a un rapport bénéfice risque favorable en prévention primaire. Le bénéfice éventuel du traitement par l'aspirine en prévention primaire chez les sujets à haut risque devrait donc être mis en balance avec l'augmentation du risque hémorragique, en particulier chez le sujet âgé où ce risque hémorragique est augmenté.
Une étude randomisée (Étude CLIPS), en double aveugle, d'une durée de 2 ans, a comparé l'efficacité de l'aspirine (à la dose de 100 mg) associée à de fortes doses d'antioxydant (300 mg de vitamine E associée à 250 mg de Vitamine C et 10 mg de béta carotène) à un placebo chez des patients présentant une Artériopathie des Membres Inférieurs (AOMI) de stade III ou IV (ou pathologie artérielle périphérique). Le critère de jugement principal était l'incidence des événements vasculaires fatals et non fatals, ainsi que les ischémies des membres inférieurs. 366 patients (185 patients dans le groupe aspirine et 181 sous placebo) ont été inclus. Les résultats montrent que l'aspirine réduit significativement le risque d'accidents vasculaires de 64% (p = 0,016 ou HR = 0.35 (IC 95%: 0.15-0.82)).
La méta-analyse de lAntithrombotic Trialists Collaboration de 2002 a évalué leffet dun traitement antiagrégant plaquettaire comparé à celui de labsence dun tel traitement dans 195 essais randomisés rassemblant 135 640 patients à haut risque vasculaire. Les résultats montrent sous traitement une diminution significative (p<0.0001) denviron 22% du risque dévénements vasculaires graves (infarctus du myocarde [IDM] non mortel, AVC non mortel ou décès dorigine vasculaire ou de cause inconnue) et de toutes les composantes de ce critère de jugement (p<0.0001), dans toutes les catégories de patients concernés (antécédents dIDM, IDM aigu, antécédents dAVC ou dAIT, AVC aigu, autres patients à haut risque, p<0.0001). La réduction du risque était denviron 25% dans les 188 essais (94 819 patients) réalisés en dehors de la phase aiguë de lAVC.
Une mise à jour de la méta-analyse de lATC 2002, restreinte aux essais comparant laspirine seule et comprenant l'étude CLIPS, réalisée chez des patients atteints dune AOMI, a regroupé 46 études ayant inclus 86662 patients à haut risque vasculaire ayant une pathologie ischémique artérielle confirmée. Les résultats de cette méta-analyse confirment que laspirine apporte un bénéfice comparable à celui de lensemble des antiagrégants en termes dévénements vasculaires (environ 21%, p<0,0001), dinfarctus non mortel (environ 40%, p<0,0001), dAVC non mortel (environ 22%, p<0,0001) et de mortalité toutes causes (environ 14%, p<0,0001). Le risque de saignement majeur est augmenté significativement par laspirine denviron 87 % (p<0,0001). Dans la catégorie des patients présentant une AOMI, laspirine a réduit significativement le risque dévénement vasculaire denviron 50% (p<0,001) et dAVC non mortel denviron 74% (p=0,03). Les différences sur les autres critères de jugement nétaient pas significatives, mais étaient compatibles avec celles observées dans lensemble des patients à haut risque cardiovasculaire.
16 études randomisées de prévention des accidents vasculaires cérébraux par une thérapie anti-thrombotique ont été réalisées chez des patients ayant une fibrillation auriculaire. Les résultats de cette méta-analyse ont montré que laspirine était moins efficace que la warfarine mais néanmoins plus efficace que le placebo (réduction des accidents cérébrovasculaires de 22% pour laspirine [95 % CI, 2%-38%] contre 62 % pour la warfarine [95% CI, 48%-72%]). Le traitement par aspirine est à privilégier chez les patients à faible risque thromboembolique*, pour lesquels un traitement par antivitamine K serait non indiqué, et chez les patients ayant une contre-indication aux antivitamines K ou lorsque le risque de saignement par antivitamine K paraît excessif.
* Selon les recommandations internationales, sont à haut risque thromboembolique les patients ayant un ou plusieurs facteurs de risque suivants : antécédent daccident cérébrovasculaire, antécédent daccident ischémique transitoire ou antécédent dembolie, sténose mitrale, prothèse valvulaire ; et à faible risque thromboembolique ceux qui ne présentent aucun facteur de risque ou qui nont qu un seul facteur de risque modéré tels que lâge ≥ 75 ans, lhypertension, linsuffisance cardiaque, une fraction déjection ≤ 35% et le diabète.
5.2. Propriétés pharmacocinétiques
Après une administration orale, lacide acétylsalicylique est rapidement et complètement absorbé dans le tractus gastro-intestinal.
Durant et après absorption, lacide acétylsalicylique est transformé en acide salicylique, son principal métabolite. La concentration plasmatique maximale en acide acétylsalicylique est atteinte après 10- 20 minutes et celle de lacide salicylique après 0,3 à 2 heures.
En raison de lenrobage du comprimé gastro-résistant dASPIRINE PROTECT, la substance active nest pas libérée dans lestomac mais dans le milieu alcalin de lintestin. Labsorption de lacide acétylsalicylique est retardée de 3-6 heures après ladministration du comprimé gastro-résistant comparativement à un comprimé à libération immédiate.
Lacide acétylsalicylique et lacide salicylique sont fortement liés aux protéines plasmatiques et sont rapidement distribués dans lorganisme. Lacide salicylique passe dans le lait maternel et traverse le placenta.
Lacide salicylique est éliminé de façon prédominante par métabolisme hépatique. Ses métabolites sont lacide salicylurique, le glucuronide phénolique salicylique, le glucuronide salicylacyl, lacide gentisique et lacide gentisurique.
Lélimination de lacide salicylique est dose-dépendant, son métabolisme étant limité par la capacité enzymatique du foie. La demi-vie délimination varie de 2 à 3 heures pour de faibles doses jusquà 15 heures pour des doses élevées. Lacide salicylique et ses métabolites sont principalement excrétés par les reins.
5.3. Données de sécurité préclinique
Le profil de sécurité préclinique de lacide acétylsalicylique est bien documenté.
Dans des études chez lanimal, les salicylates ont causé des atteintes rénales à doses élevées mais pas dautres lésions organiques.
La mutagénicité de lacide acétylsalicylique a été largement étudiée in vitro et in vivo. Un potentiel mutagène na pas été trouvé. Il en est de même pour les études de carcinogénicité.
Les salicylates ont montré des effets tératogènes dans des études chez lanimal et sur différentes espèces. Des troubles de limplantation, des effets embryo et ftotoxiques et des troubles de lapprentissage chez la progéniture après une exposition prénatale ont été décrits.
Amidon de maïs, poudre de cellulose.
Sans objet.
5 ans.
6.4. Précautions particulières de conservation
A conserver à une température ne dépassant pas +25°C.
A conserver dans lemballage dorigine, à labri de lhumidité.
6.5. Nature et contenu de l'emballage extérieur
30, 50 ou 90 comprimés sous plaquettes (Polypropylène/Aluminium).
Toutes les présentations peuvent ne pas être commercialisées.
6.6. Précautions particulières délimination et de manipulation
Pas d'exigences particulières.
7. TITULAIRE DE LAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
220 avenue de la recherche
59120 LOOS
8. NUMERO(S) DAUTORISATION DE MISE SUR LE MARCHE
· 269 399-3 ou 34009 269 399 3 9 : 30 comprimés sous plaquettes (Polypropylène/Aluminium)
· 269 400-1 ou 34009 269 400 1 0 : 50 comprimés sous plaquettes (Polypropylène/Aluminium)
· 269 401-8 ou 34009 269 401 8 8 : 90 comprimés sous plaquettes (Polypropylène/Aluminium)
9. DATE DE PREMIERE AUTORISATION/DE RENOUVELLEMENT DE LAUTORISATION
[à compléter par le titulaire]
10. DATE DE MISE A JOUR DU TEXTE
[à compléter par le titulaire]
Sans objet.
12. INSTRUCTIONS POUR LA PREPARATION DES RADIOPHARMACEUTIQUES
Sans objet.
Médicament non soumis à prescription médicale.