Avec près de 85 000 euros en moyenne, les revenus des médecins libéraux ne progressent pas, d’après la CARMF (1) qui publie ce mardi leurs revenus nets 2013 (bénéfices non commerciaux-BNC), vérifiés sur les avis d'imposition.
Résultat, pour les 106 000 premières déclarations, la variation des revenus est quasi nulle : +0,39 % en euros courants par rapport à 2012, avec une baisse de -0,35 % de pouvoir d'achat en tenant compte de l'inflation 2013 (0,74 %), rajoute la caisse de retraite.
Les revenus des généralistes de secteur 1 en hausse
Dans ce tableau, seuls les revenus des généralistes de secteur 1 progressent (+1,81 %), ceux de secteur 2 sont en baisse (-0,36 %). Et contrairement aux idées reçues, les 54 300 généralistes en secteur 1 gagnent plus que les quelques 5 000 en secteur 2 (respectivement 73 276 euros et 64 334 euros par an).
Contacté par la rédaction de Pourquoidocteur, Gérard Maudrux, président de la CARMF, explique : « Le revenu des omnipraticiens est maintenu parce qu’il y a moins de médecins généralistes qui ont chacun plus de travail. »
Pourtant, malgré ces revenus stables, le principal syndicat de généralistes reste inquiet de ces chiffres. MG France souhaite donc rappeler à ses médecins la nécessité de poursuivre la revalorisation de la consultation à 25 euros, malgré l’illégalité de l’acte.
Les revenus des spécialistes en baisse
Chez les médecins spécialistes, les revenus des secteurs 1 et 2 sont pour leur part en baisse (respectivement -0,26 % et -1,66 %). Et les plus fortes baisses touchent notamment les chirurgiens (-4,56 %), les dermato-vénérologues (-4,99 %) et les radiologues de secteur 2 (-11,28 %).
« Pour les spécialités qui gagnent beaucoup comme les radiologues ou les biologistes, le gouvernement a modifié la valeur de la lettre clé des actes. Dans le même temps, il a augmenté, au contraire, la valeur pour d'autres spécialités, même si on n’en voit pas trop les résultats au vu des chiffres », estime le Dr Maudrux. Parmi les rares hausses, tirent leur épingle du jeu les cancérologues (+5,15 %) et les gynécologues obstétriciens (+2,5 %).
« Il faut revaloriser les actes »
Du coup, Jean-Paul Ortiz, président de la CSMF (2), le principal syndicat de médecins libéraux, tient à faire un point sur le sujet : « C’est vrai que la situation du pays est difficile d’un point de vue économique, mais l’acte médical n’a pas été revalorisé depuis plusieurs années. La valeur actuelle de l’acte est complètement en décalage avec ce que font les médecins dans leur cabinet et le temps qu’ils y passent. »
Un nouvel appel au boycott du tiers payant généralisé
Alors, entre ces salaires en baisse et la menace d’un tiers payant généralisé, le Dr Jean-Paul Ortiz avertit. « On sait aujourd’hui que le tiers payant utilisé pour 1/3 des actes médicaux de notre activité fait l’objet de 2,4 % d’impayés par la caisse d’assurance maladie. Ça représente environ 2 500 euros en moyenne de chiffre d’affaires non perçus par le médecin alors qu’il a effectué les actes. C’est clair, nous ne l’appliquerons pas, et donc, nous ne le ferons pas », conclut-il.
(1) Caisse autonome de retraite des médecins de France
(2) Confédération des Syndicats Médicaux Français
(3) La Rémunération sur les Objectifs de Santé Publique