La date butoir est arrivée ! C'est ce lundi 4 novembre que le service d'urgences de l'Hôtel-Dieu va fermer ses portes et être remplacé par un service de consultations ouvert 24/24 aux patients ne nécessitant pas une prise en charge hospitalière. Face à cette décision de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) qu'ils qualifient de « périlleuse » pour les urgences parisiennes, les membres du comité de soutien de l'hôpital, « Hôtel-Dieu-Hôpital pour tous », ont décidé de ne rien lâcher. Pour cette raison, ils appellent à un rassemblement aujourd'hui devant l'établissement pour dénoncer ce « scandale » et rappeler à la ministre sa promesse de maintenir ce service d'urgences. Pourquoidocteur revient sur les enjeux de cette bataille emblématique de l'Hôtel-Dieu.
« L'hôpital du 21e siècle », selon l'AP-HP
L'Hôtel Dieu est au coeur d'un vaste projet de modernisation, qui prévoit d'en faire « l'hôpital du 21e siècle ». Autrement dit, un hôpital sans lit, mais doté d'une médecine axée sur la prévention, le dépistage et l’éducation pour la santé. Un établissement « low-cost », commentent ses détracteurs. Résultat, les malades pris en charge par les pompiers seront désormais réorientés vers d'autres services d'accueil des urgences. « Une adaptation des flux », selon le Pr Yves Fagon, responsable médical du nouvel Hôtel-Dieu. Ce projet est d'ailleurs soutenu par un certain nombre de médecins, notamment ceux de la commission médicale d'établissement (CME) de l'Hôtel-Dieu qui ont demandé récemment à l'unanimité la fermeture du service d'urgences de cet hôpital. Pour cette Commission, les conditions de sécurité pour le patient ne sont plus réunies.
Ecoutez le Dr Anne Gervais, vice-présidente de la CME : « On n'a plus de chirurgie, plus de gynécologie. Et par exemple, si vous venez pour de la réanimation, on vous transfère à Cochin. Ca n'a pas de pertinence de garder ce S.A.U (Service d'Accueil des Urgences) sans équipement et donc sans personnel qui peut immédiatemment agir. » (entretien réalisé le 4 septembre 2013)
Enfin, pour Gérald Kierzek, fermer les urgences créerait un vent de panique dans l'organisation des services d'urgences au sein de la capitale. Situé dans le centre de Paris, les malades seraient alors transférés vers le SMUR de l'Hôpital Lariboisière qui est déjà saturé.
Ecoutez le Dr Gérald Kierzek : « On va reporter tout ce petit monde sur Lariboisière qui n'est pas en capacité d'absorber tous ces patients. Cet hôpital a déjà dix heures d'attente dans son service d'urgences et reçoit 250 malades par jour...» (entretien réalisé le 02/09/2013)
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