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Nanoparticules

Pollution intérieure : les fondants parfumés pourraient aussi être dangereux pour la santé

Par Sophie Raffin

Présentés comme moins toxiques que les bougies, les fondants parfumés émettraient finalement aussi des particules polluantes et dangereuses pour la santé en chauffant.

Helin Loik-Tomson/istock
Lorsque des fondants parfumés brulent, ils émettent des nanoparticules en suspension dans l'air d'une largeur comprise entre 1 et 100 nanomètres.
Selon les chercheurs, ces particules pourraient présenter un risque d'inhalation car elles sont suffisamment petites pour traverser les tissus respiratoires et pénétrer dans la circulation sanguine.
Ce sont les composés aromatiques qui contribueraient à la formation de nanoparticules.
Selon les chercheurs, ces particules pourraient présenter un risque d'inhalation car elles sont suffisamment petites pour traverser les tissus respiratoires et pénétrer dans la circulation sanguine.

Les fondants parfumés, ces petits galets de cire que l'on place dans la coupelle d'un brûle-parfum pour parfumer l’air, ne diffuseraient pas que de bonnes odeurs, selon une étude de l’Université de Purdue (USA).

Ces produits, souvent présentés comme une alternative plus sûre et moins polluantes que les bougies, émettraient aussi des nanoparticules dangereuses pour la santé.

Pollution intérieure : les fondants parfumés aussi problématiques que les bougies

Pour déterminer les effets des fondants parfumés sur la qualité de l’air intérieur, les chercheurs ont mené des expériences avec 15 cires du commerce dans une maison témoin. Certaines étaient parfumées (par exemple citron, papaye, mandarine et menthe poivrée) et d’autres non. L’équipe a établi une base de référence des polluants de l'air intérieur, puis a allumé le chauffe-cire pendant 2 heures environ.

L'air à quelques mètres des cires fondues a été analysé. L'équipe a découvert des nanoparticules en suspension dans l'air, d'une largeur comprise entre 1 et 100 nanomètres, à des niveaux comparables à ceux rapportés pour les bougies traditionnelles. "Ces particules pourraient présenter un risque d'inhalation car elles sont suffisamment petites pour traverser les tissus respiratoires et pénétrer dans la circulation sanguine", affirment les scientifiques dans leur communiqué.

De plus, une personne inhale des quantités similaires de nanoparticules qu'elle soit en présence de cires fondues, de bougies traditionnelles ou d'une cuisinière à gaz.

Cire et pollution : les composés aromatiques contribuent à la formation des nanoparticules

Les scientifiques ont également identifié les principaux composés organiques volatils (COV) émis par les fondants. Les plus fréquents étaient des terpènes, tels que les monoterpènes et les monoterpénoïdes.

Ils ont aussi remarqué que ces terpènes réagissaient avec l’ozone quand ils étaient en suspension dans l’air. Ces derniers formaient des composés collants, qui s’agglutinaient en particules nanométriques.

En revanche, aucune émission de terpènes, ni formation de nanoparticules n'était observée lorsque les fondants non parfumés étaient chauffés. "Ce qui suggère que les composés aromatiques contribuent à la formation de nanoparticules", précisent les chercheurs.

Face à leurs résultats détaillés dans la revue Environmental Science & Technology Letters, les auteurs préconisent davantage de recherches toxicologiques sur les risques liés à l'inhalation de nanoparticules formées à partir de cires parfumées.