- Alors que les modalités de consommation d’alcool des femmes tendent à se rapprocher des pratiques masculines, on constate que les effets sont plus sévères chez ces dernières.
- D’après la HAS, elles souffrent d’"une sous-évaluation médicale" et d’"un moindre accès aux aides disponibles."
- L’autorité sanitaire appelle donc les professionnels de santé à renforcer l’information et l’accompagnement des femmes tout au long de leur vie et non uniquement dans le cadre de la grossesse.
Vin, champagne, bière, gin, cidre… Plus les années passent, plus la consommation d’alcool chez les femmes évolue. Cette dernière se rapproche des pratiques masculines en particulier pour le "binge drinking", qui se traduit par une "alcoolisation ponctuelle importante" dans un temps très court, avec recherche d’ivresse, connu également sous le terme "d’intoxication alcoolique aiguë" ou "alcoolisation massive".
Problème : l’alcool, qui est une cause de décès évitable, entraîne des dommages qui peuvent lourdement impacter la santé et la qualité de vie. "Or, femmes et hommes ne sont pas égaux face à l’alcool. Si les femmes sont exposées aux mêmes risques que les hommes, à même quantité consommée, les complications sont plus graves, plus rapides, parfois spécifiques (cancer du sein) ou plus fréquentes chez les femmes que chez les hommes (agressions subies, notamment sexuelles)", signale la Haute Autorité de Santé (HAS). En outre, le tabou autour l’alcool est accentué vis-à-vis des femmes, dont la parole est moins considérée, et les représentations liées au genre conduisent à une "sous-évaluation médicale" et "un moindre accès aux aides disponibles".
Alcool : aborder le sujet à toutes les étapes de la vie des femmes et non seulement durant la grossesse
Dans la sphère médicale, si le sujet de l’alcool est abordé lors de la grossesse et de la maternité, il n’est pas évoqué durant toutes les autres étapes de la vie des femmes. Pourtant, il est important d’en parler en raison de son impact sur la vie génitale, la santé sexuelle, la procréation ou encore le risque de cancer du sein. En 2023, l’autorité sanitaire a ainsi élaboré un guide et des outils afin d’aider les professionnels de premier recours à diminuer le risque alcool, via un repérage systématique et précoce des usages et l’accompagnement de chaque personne. Récemment, elle a publié des documents afin de sensibiliser aux spécificités de l’exposition des femmes à l’alcool, au-delà des seules périodes de grossesse et de maternité. Dans le détail, la HAS rappelle aux professionnels de santé d’aborder le sujet de l’alcool régulièrement en consultation, comme cela est fait pour le tabagisme ou encore l’activité physique. Elle précise de veiller à éviter tout jugement moral et en étant attentif aux choix de vie, à l’intimité et à l’environnement de chaque femme.
"Les professionnels peuvent s’appuyer sur des structures ou dispositifs adaptés"
"Les professionnels peuvent s’appuyer sur des structures ou dispositifs adaptés tels que les microstructures médicales addictions et tous les temps dédiés à la santé des femmes, y compris au sein des centres de soins, d’accompagnement et de prévention des addictions (CSAPA). Les groupes de parole dédiés aux femmes au sein des associations d’entraide permettent également de lutter contre l’isolement et favorisent la sororité et la confiance en soi. Sans oublier les plateformes numériques comme le dispositif d’aide à distance 'Alcool info service' de Santé publique France, entièrement repensé en 2024 afin de proposer des contenus plus accessibles et personnalisables selon sa situation et ses attentes, ainsi que des outils gratuits pour se faire aider", peut-on lire dans le communiqué.