- Largement utilisés dans les produits industriels et de consommation, les PFAS sont surnommés polluants éternels en raison de leur persistance dans l'environnement.
- Une étude montre des liens possibles entre l'exposition aux PFAS dans l'eau potable et un risque accru de cancers chez l'enfant.
- Les chercheurs appellent à mieux surveiller les contaminations de l'eau potable.
Les per- et polyfluoroalkylées, plus connus sous le nom de PFAS et du surnom polluants éternels, ont été associés à divers effets néfastes sur la santé ces dernières décennies. Et les enfants n’en sont malheureusement pas protégés. Une étude de l’Université of California-Irvine a révélé des liens possibles entre l'exposition aux PFAS dans l'eau potable et un risque accru de certains cancers infantiles.
Les travaux ont été publiés en ligne dans la revue Environmental Epidemiology.
Cancer de l'enfant : deux PFAS pointés du doigt
Pour faire le point sur les effets des PFAS, les scientifiques ont repris les dossiers médicaux de 10.220 enfants de moins de 15 ans diagnostiqués d’un cancer entre 2000 et 2015 et ceux de 29.974 petits volontaires en bonne santé. Ils ont également estimé les niveaux d’exposition PFAS maternels en comparant les adresses du logement des parents aux données de contamination des districts d’eau locaux.
Les analyses ont mis en évidence que des concentrations plus élevées de deux PFAS – l’acide perfluorooctanesulfonique et l’acide perfluorooctanoïque – étaient associées à certains cancers de l'enfant.
Ces produits chimiques, classés perturbateurs endocriniens, font l’objet d’une interdiction (sauf dérogation spécifique) par le règlement européen POP depuis 2009 et depuis juillet 2020 respectivement. Toutefois, il n’est pas rare d’en retrouver dans l'environnement.
"Nos résultats indiquent des associations suggestives entre l'exposition prénatale prévue aux PFAS et certains cancers infantiles, notamment la leucémie myéloïde aiguë et les tumeurs de Wilms", précise Natalie Binczewski, auteure correspondante de l’étude, dans un communiqué.
PFAS et eau potable : il faut davantage de recherches et de surveillance
"Bien que ces résultats ne confirment pas que l’exposition aux PFAS est directement responsable des cancers infantiles, ils viennent s’ajouter à un nombre croissant de preuves soulignant les risques potentiels pour la santé", ajoute la scientifique.
Si les équipes qui ont travaillé sur ce projet, reconnaissent que d’autres études sur le sujet sont nécessaires pour confirmer et mieux comprendre les associations observées, elles estiment que leur recherche souligne déjà "l’importance d’une eau potable propre et des efforts réglementaires continus pour protéger la santé publique".