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Obésité

Prise de poids : est-ce potentiellement lié à la prise d’antidépresseurs ?

Des chercheurs espagnols ont quantifié une augmentation moyenne de 2 % du poids corporel chez les personnes utilisant ces médicaments psychotropes.

Prise de poids : est-ce potentiellement lié à la prise d’antidépresseurs ? Vadym Petrochenko/iStock




L'ESSENTIEL
  • La prise répétée d'antidépresseurs est fortement associée à la prise de poids, plus précisément une hausse moyenne de 2 % du poids.
  • L'utilisation nouvelle ou interrompue est associée à la prise de poids, mais de manière non-significative à l'incidence de l'obésité.
  • Les auteurs soulignent l'importance de surveiller l'évolution du poids chez les personnes sous traitement antidépresseur, ainsi que d'autres marqueurs de la santé cardiométabolique.

En cas de dépression, des antidépresseurs sont prescrits pour réduire les symptômes et améliorer l’humeur des patients. Ces traitements sont également indiqués pour d’autres troubles mentaux. Comme tous les médicaments, ces derniers peuvent entraîner des effets secondaires, tels qu’une somnolence diurne, une constipation, une sécheresse buccale, une hypotension, une perte ou prise de poids, surtout en début de traitement ou lors de l’augmentation des doses, selon l’Assurance Maladie. Récemment, des scientifiques de l'Institut de recherche de l'Hôpital del Mar (Espagne) ont confirmé, dans une étude, le lien entre la prise d’antidépresseurs et la prise de poids.

Dans le cadre de leurs travaux, publiés dans la revue Frontiers in Psychiatry, l’équipe a suivi pendant six ans 3.127 adultes, dont 1.701 femmes, âgés en moyenne de 55 ans et vivant dans le nord-est de l'Espagne. Au début et à la fin de l’intervention, les participants ont été interrogés sur leur utilisation des antidépresseurs, leur poids, leur taille, le tabagisme, l'activité physique, la qualité de l'alimentation, l'éducation et les symptômes dépressifs. "Nous avons défini quatre trajectoires d'utilisation des antidépresseurs : jamais de recours, nouvelle utilisation lors de l’étude, utilisation initiale interrompue, utilisation répétée au début et à la fin de l’intervention", ont précisé les chercheurs. Ils ont aussi pris en compte la relation bidirectionnelle bien connue entre la dépression et l'obésité, ainsi que d'autres facteurs associés, tels que de mauvaises habitudes alimentaires et le manque d'exercice physique.

La prise d’antidépresseurs provoque une hausse de 2 % du poids

Parmi les volontaires, 16,4 % ont déclaré avoir pris des antidépresseurs, soit de manière constante tout au long de la période d'étude (5,1 %), soit en commençant à en prendre pendant l’intervention (6,2 %), soit en prenant au début mais en les arrêtant par la suite (5,1 %). Au cours des six années de suivi, tous les adultes ont pris du poids, plus précisément une augmentation moyenne d'un demi-kilo et 24,5 % des participants ont pris plus de 5 % de leur poids. Néanmoins, la prise de poids était plus prononcée chez ceux qui suivaient un traitement antidépresseur. Les auteurs ont révélé une prise de poids "de 1,78 % pour une première utilisation interrompue d’antidépresseurs, de 2,08 % pour une nouvelle utilisation lors du suivi, et de 1,98 % pour une utilisation répétée. Chez les 2.404 personnes présentant un excédent de graisse dans le corps au départ de l’étude, le rapport de cotes pour devenir obèse était de 2,06 pour l'usage répété d’antidépresseurs."

Antidépresseurs : les utilisateurs sont "plus susceptibles de prendre du poids et de développer une obésité"

"Toutes les personnes prenant des antidépresseurs étaient plus susceptibles de prendre du poids et de développer une obésité. Ce risque est encore plus important pour ceux qui utilisent ces médicaments de façon continue", a déclaré Camille Lassale, auteure principale de l’étude. D’après Gabriela Lugon, qui a participé aux recherches, "nous ne pouvons pas nous contenter de prescrire des antidépresseurs pour leurs effets positifs sans tenir compte de cet effet secondaire". Compte tenu de l'épidémie mondiale d'obésité et de l'usage répandu des antidépresseurs, la gestion du poids et la surveillance métabolique devraient ainsi être encouragées et intégrées dans les recommandations de suivi de la dépression, parallèlement à la prescription d'antidépresseurs.

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