- Les femmes ont une audition plus sensible que les hommes, avec une différence de deux décibels.
- L’environnement joue également un rôle majeur, les personnes vivant en forêt ayant une sensibilité auditive plus élevée que toutes les autres populations.
- À l’inverse, les personnes vivant en haute altitude ont la sensibilité auditive la plus basse.
C’est désormais scientifiquement prouvé : les femmes entendent mieux que les hommes, du moins selon les conclusions d’une nouvelle étude, publiée dans la revue Scientific Reports. Avec l'objectif de déterminer les facteurs biologiques et environnementaux qui influencent l’ouïe, les chercheurs ont demandé à 450 personnes, issues de différents pays comme l’Équateur, le Gabon, l’Ouzbékistan ou encore l’Angleterre, de passer des tests auditifs. Ils ont étudié, plus exactement, la cochlée, l’organe de l’audition qui transmet les informations sonores en signaux cérébraux.
Les femmes ont une audition plus sensible que les hommes
Les scientifiques ont ainsi fait plusieurs découvertes. La première est que l’amplitude auditive est davantage influencée par le sexe que par l’âge. En moyenne, les femmes ont une audition plus sensible de deux décibels par rapport aux hommes, et ce, dans toutes les populations étudiées.
"Nous avons été surpris de constater que les femmes avaient une audition plus sensible de deux décibels dans toutes les populations que nous avons mesurées, souligne Le professeur Turi King, l’un des auteurs, dans un communiqué. Les femmes obtiennent également de meilleurs résultats dans d'autres tests auditifs et dans la perception de la parole, ce qui indique que leur cerveau est également meilleur dans le traitement des informations. Nous ne savons pas vraiment pourquoi, mais étant donné l'effet néfaste du bruit sur la santé globale, comme la qualité du sommeil et l'augmentation des maladies cardiovasculaires, avoir une audition plus sensible dans des environnements bruyants n'est pas toujours une bonne chose."
L’environnement influence l’ouïe
La deuxième plus grande influence sur l’ouïe est l’environnement. Les chercheurs ont identifié les personnes ayant la sensibilité auditive la plus élevée et la plus faible. Il s’agit respectivement de celles vivant dans des zones forestières et à haute altitude.
Pour expliquer ces différences, les scientifiques émettent plusieurs hypothèses. Ils avancent que les personnes vivant dans les forêts pourraient avoir une sensibilité auditive plus élevée parce qu’elles se sont habituées à des environnements sonores contenant peu de sons humains et dans lesquels la vigilance est essentielle à la survie. Ou bien, autre hypothèse, parce qu’elles sont moins exposées à la pollution sonore.
À l’inverse, les personnes vivant à des altitudes plus élevées peuvent avoir une sensibilité réduite pour plusieurs raisons : la plus faible pression atmosphérique, la réduction potentielle du bruit dans les environnements à haute altitude ou encore les adaptations physiologiques à des niveaux d'oxygène plus faibles.
"Nos résultats remettent en question les hypothèses existantes et mettent en évidence la nécessité de prendre en compte les facteurs biologiques et environnementaux lors de l'étude de l'audition, indique le Dr Patricia Balaresque, autre auteure. L'identification des facteurs à l'origine des variations naturelles de l'audition améliorera notre compréhension de la perte auditive et des différences individuelles en matière de tolérance au bruit."
Actuellement, plus de 5 % de la population mondiale, soit 430 millions de personnes, nécessitent des services de réadaptation pour traiter une perte auditive incapacitante, c’est-à-dire une déficience auditive supérieure à 35 décibels dans la meilleure oreille, d'après l’Organisation mondiale de la Santé (OMS). D’ici à 2050, selon les projections de l’instance, plus de 700 millions de personnes en auront besoin, ce qui représente une personne sur dix.