Vincent Lambert, ce tétraplégique de 38 ans en état de conscience minimale "plus" depuis cinq ans, a récemment subi des examens d'imagerie fonctionnelle (Pet scan, IRM fonctionnelle). Des résultats cruciaux qui permettront de déterminer s'il faut ou pas poursuivre les soins. Et pour répondre à cette interrogation qui déchire médecins et famille, « la tomoscintigraphie par émission de positons (PET scan) est l'outil le plus fiable. » C'est ce qu'affirme sans conteste le Pr Steven Laureys, célèbre neurologue du Coma Science Group (Liège), le dernier a avoir mené une expertise médicale complète sur Vincent Lambert au sein de son centre d'excellence en neurosciences. A l'appui de cette affirmation, les résultats inédits d'une étude publiée ce mercredi dans la revue scientifique The Lancet dont ce médecin belge est l'auteur principal.
Tests au du lit du maladie + PET scan : la formule la plus fiable
Pour parvenir à cette conclusion, l'équipe de scientifiques a mené l'enquête sur 126 patients venus de toute l'Europe admis au CHU de Liège suite à des lésions cérébrales graves. Plus précisément, ces chercheurs ont souhaité comparer l'efficacité des différentes techniques utilisées dans la pratique clinique pour détecter d'éventuelles traces de conscience chez ces patients sortis de soins intensifs depuis plusieurs mois. Dans la cohorte, figurait 81 personnes diagnostiquées en « état de conscience minimale », 41 en « état végétatif », et 4 en « locked-in-syndrome » qui désigne une paralysie quasi complète de l'organisme, malgré une conscience et des facultés cognitives intactes. Le but de la recherche était aussi de voir quelle technique permettait le mieux de réduire le risque d'erreur de diagnostic.
Conclusion des experts, « il faut continuer à effectuer des tests de conscience au bord du lit du patient à l'aide de l'échelle standardisée de récupération du coma. » Car en ne l'utilisant pas, on risque de rater un sur trois des patients considérés comme végétatifs, mais qui en réalité avaient des signes de conscience.
Deuxièmement, le PET scan qui permet de mesurer la consommation d'énergie du cerveau est un outil "efficace" et "complémentaire" pour regarder comment le cerveau est encore actif. Pour un tiers des patients, il a permis en effet de déceler des signes d'activité cérébrale qui n'avaient pas été perçus au bord du lit. En plus, cet outil permet de mieux prédire ceux qui ont des chances de récupérer. Par exemple, ici, 13 patients sur les 41 en état végétatif non-répondant avaient en fait des signes de conscience en imagerie neurofonctionnelle. Et sur ces patients pour qui les médecins s'étaient trompés lors du premier diagnostic, 9 ont connu une récupération de leur état. « Cet outil permet donc de réduire également l'incertitude s'agissant du pronostic de récupération », souligne à ce titre le Pr Laureys.
Enfin, les chercheurs notent une petite déception du côté de l'IRM fonctionnelle qui était moins "puissant" et "fiable" que le PET scan pour relever des signes de conscience. Surtout parce que 4 patients sur 10 ont trop bougé lors de cet examen, malgré leur état, indique le neurologue.
Ecoutez le Pr Steven Laureys, directeur du Coma Science Group : « Un tiers des patients présentent des signes que les médecins ne peuvent pas repérer au chevet du patient. »