Quand l'école ne protège plus les enfants. Selon une enquête réalisée par l’Observatoire international de la violence à l’école, 12 % des élèves en fin de primaire (CE2, CM1, CM2) sont victimes de harcèlement. Il seraient 10 % au collège, selon d'autres études. Résultat en France, le nombre total d’élèves harcelés serait de 700 600, en incluant les lycéens.
Face à ce constat inquiétant, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, a présenté ce vendredi de nouvelles initiatives pour lutter contre ce fléau. Prévues pour entrer en vigueur en 2015 et 2016, elle consisteront à former les enseignants pour qu'ils détectent mieux ces pratiques et les victimes. La ministre a aussi annoncé la création du prix « Mobilisons-nous contre le harcèlement », pour que les élèves puissent faire de la prévention, en dessinant par exemple.
Enfin, un numéro vert (0 808 807 010) pour les familles existe depuis un an. La plateforme a traité 3 619 appels en 2014. Pour faciliter son utilisation, « il va être raccourci à 4 chiffres dans quelques semaines », a précisé la ministre. On l'a compris, pour les pouvoirs publics, l'heure est aujourd'hui à l'action car le harcèlement à des répercussions terribles sur la santé.
Troubles psychiatriques, dépression, obésité...
Une étude publiée fin 2013 dans la revue Psychological Science suggère en effet que les enfants souffre-douleur paient encore le prix fort à l’âge adulte. Le suivi de 1 400 personnes âgées de 9 à 26 ans a révélé que les adultes ayant été victimes de harcèlement pendant leur enfance ont six fois plus de risques de souffrir « d’une pathologie grave, d’être un fumeur régulier ou encore de développer un trouble psychiatrique » que ceux qui n’ont pas été des « têtes de turc ». Le risque d’avoir une maladie sexuellement transmissible est lui plus que doublé. La probabilité de souffrir d’obésité est quant à elle augmentée de 56 %. Pire encore, l'harcèlement à l'école peut pousser le jeune à la dépression, voire au suicide. Il existe cependant des moyens d'aider ces enfants en souffrance pour éviter de tels drames.
Ecoutez le Dr Frédéric Kochman, pédopsychiatre à la Clinique Lautréamont de Loos : « Dans ma clinique pour adolescents, le quart des patients sont là pour tentatives de suicide. La plupart sont victimes de harcèlement à l'école. »